21 avril 2007
Un premier tour sans détour
Premier acte des élections présidentielles françaises, un petit tour et puis s’en va.
On a rarement l’occasion de voir autant de compatriotes réunis au même endroit le même jour. Sauf peut être le soir du 14 Juillet, lorsque Jean Paul, le sang chaud et l’haleine tiède, entraîne Mireille sur la piste asphaltée de la rue du café, lui laissant croire une fois encore qu’il aura l’énergie vigoureuse de la faire danser après l’avoir fait rire, de la faire courir avant de l’aimer.
Premiers rayons de soleil, sourires timides et promenade bucolique dans la cour de l’école ou la petite France perdue dans ces quelques arpents de neige est venue ce matin voter. Moment important, décision historique sont les mots que j’entends à la sortie des urnes. Soudain la France de l’étranger se réveille, avouant d’elle-même s’être quelques peu endormie.
« En 40 ans passés au Canada je n’avais encore jamais voté » m’avoue-on simplement, sans gène, ni surprise. « J’ai quitté la France il y a 35 ans, et c’est la première fois que je vote ». Tiens, je l'ai dejà entendu quelque part celle-la...
La table est dressée, un bouquet de roses fanées, on s'assied, prêt à gouter, à se régaler, à discuter. Voila le grand retour des convictions politiques, de quoi bien se rassasier. J'assiste au bref sursaut avant de repartir, de m’évanouir dans la foule, le sentiment du travail bien fait et du devoir accompli.
«Cette fois-ci c’est sérieux, il faut y aller». Glisser son bulletin, retenir son souffle, et pendant un court instant songer à tous ceux qu’on a laissé derrière soi et à celui en qui on voudrait croire et qu’on ne verra probablement jamais. A voté ! On est encore français.
Et puis il a ceux qui aimeraient croire au sourire prometteur d’une femme, ceux qui voudraient que la France se remette au travail, ceux qui sont déçus d’une campagne qu’il jugent molle et sans charisme, ceux-là même qui aimeraient, secrètement, qu’on leur redonne le désir d’un retour, l’envie d’avoir envie et la confiance de retrouver la source, chez soi, en Auvergne, à Dieppe ou à Rouen….
15 avril 2007
Armand brille même en hiver
Promenade dans les rues du quartier Mont-Royal. Hésitations caméra à la main. Quelques gouttes de pluie, le printemps qui hésite, visages furtifs de passants pressés. Soudain Armand surgit. Son or qui m'attire...
Plus tard, quelques français piquent ma curiosité, je les entends parler, j'y vais.
On discute, ils me livrent deux ou trois choses intéressantes à propos de prochaines éléctions, évidemment. A propos d'une France qu'ils hésitent encore à aimer et toujours qu'ils regardent, tantôt inquiets, tantôt amusés...